Interview – Planet Calling

Planet Calling

Rodolphe c’est son blase, et il a décidé de partir voir le monde. Après avoir travaillé pour la compagnie aérienne japonaise ANA à Paris, il décide de partir à l’aventure en prenant comme première escale le Japon. Caméra à la main, casquette sur la tête, il vous fait partager son voyage et sa vision du monde avec Planet Calling !

Que représentait le Japon pour toi avant d’y poser le pied ?

Un rêve. Une fenêtre ouverte vers un inconnu attirant et super excitant. C’est drôle d’y repenser maintenant que je vis ici et que beaucoup de choses ont changées… J’écoutais beaucoup de musiques japonaises quand j’étais gamin, je savais même jouer plein de musiques de The Gazette et d’Ellegarden à la basse ! Je rêvais de mettre le pied au Japon un jour, de rencontrer les gens et d’essayer de parler la langue. Je voulais essayer les ramens et les onigiris que je voyais dans les mangas (GTO, évidemment !) Je me rappelle que je voyais le Japon comme quelque chose d’inaccessible, je le voyais à travers les artistes japonais que je suivais sur Twitter ou des gens qui me racontaient leur voyage. Et comme je regardais énormément GTO, qui se passe dans le vrai Tokyo, j’avais façonné dans ma tête une image du Japon que je rêvais de comparer avec la réalité ! Le Japon c’était pour moi l’appel d’une aventure unique sans même que je le sache !

Comment es-tu venu à y vivre ?

J’ai commencé à apprendre le japonais parce que je trouve la langue frodascinante. Mon attirance pour le Japon commence par une approche linguistique à la base. J’adore les langues étrangères, et le japonais a une place particulière pour moi. De part cet apprentissage j’ai découvert une culture incroyable, puis des gens qui m’ont donné envie d’aller y faire un tour. Alors un été, j’y suis allé avec des potes français – dont certains devenus comme des frères pour moi aujourd’hui (« Je te parle de mes reufs ») et depuis je n’ai eu de cesse de penser qu’il fallait que je reste au Japon au moins un an voire deux. Pour parfaire mon apprentissage de la langue, de la culture, pour m’ouvrir l’esprit et aussi pour m’offrir d’éventuelles opportunités. Voyager, c’est la possibilité de rencontrer les bonnes personnes et de pouvoir faire des choix cruciaux pour plus tard. Alors après un boulot étudiant chez Ikea et une année à travailler pour ANA à Paris, j’ai décidé de me lancer et de partir à l’aventure. Je n’avais que cette idée en tête jour et nuit pendant 2/3 ans ! Peut-être que le Japon n’est qu’une étape, mais jusque-là il me traite plutôt bien…

Quel fut ton premier choc en arrivant sur le sol nippon ?

Les femmes ! Qu’est-ce qu’elles sont belles…! Je suis tombé amoureux huit fois avant même de sortir du terminal de l’aéroport !

Sinon pour être franc, à part des milliers de kanjis illisibles sur les devantures de tous les bâtiments, la serviabilité des gens et la propreté du pays. Hallucinant. Tout le monde est prêt à t’aider, et même si tu galères avec un niveau de japonais approximatif, on te laissera pas tomber. Pour la propreté c’est aussi à tomber par terre, le métro, les trottoirs, tout est très propre. Pas de papiers par terre, très peu de mégots de cigarettes… Et c’est vraiment très appréciable !

Peux-tu nous raconter l’expérience la plus insolite que tu as vécue au Japon ?

Je dois avouer que j’en ai pas mal en réserve… La plus dingue est sûrement la fois où j’ai passé la nuit avec mes potes et un yakuza à boire des bières dans une auberge de jeunesse à Osaka, mais j’en ai déjà parlé alors je vais partir sur autre chose. Je me souviens qu’un été, on était partis au Japon en famille et je faisais le guide pour toute la tribu. Un jour, à Kyoto, on décide de kyoto-velolouer des vélos pour la journée et de parcourir la ville en deux roues sous le soleil tapant de l’été japonais. Entre cigales et vent sur les joues, le bonheur. On se retrouve au bout d’un moment dans une sorte de petit pavillon, un peu paumés, à la recherche d’un jardin traditionnel qu’on avait repéré sur notre carte. On voit alors deux messieurs qui discutent à côté d’un chantier. Il y avait un jeune ouvrier et un petit papy qui était là pour assurer la sécurité des passants (tu vois le genre, les petits papys avec leur casque et leur bâton fluorescent). On décide de demander notre chemin, je m’adresse alors à ce petit monsieur avec mon japonais un peu bancal, et il décide de nous expliquer le chemin. Il me dit qu’il va me montrer. Alors il part dans une direction et alors qu’on commence à le suivre, il se met à trottiner… Oui, il accélère parce que, nous, on est en vélo et qu’il ne veut pas nous ralentir. J’ai halluciné. Mon père a pris la scène en vidéo tellement il était abasourdi ! Il faisait 30 degrés et il avait tout son attirail sur le dos, autant dire qu’il devait avoir chaud en plus… On a fait quelques mètres tous ensemble, il m’a montré la direction, m’a dit de traverser un pont et qu’on serait à destination avant de repartir faire sa vie. Je sais pas si c’est vraiment insolite, mais ça m’a marqué !!

Planet Calling, c’est le nom de ta chaîne Youtube. Qu’y trouve-t-on ?

Planet Calling, c’est une chaîne qui parle de voyage, qui donne des conseils sur le sujet et une bonne dose d’optimisme ! Je fais des vidéos sur la culture des pays où je vais, les coutumes, la langue, des anecdotes de voyage… J’essaye de montrer aux gens qu’il est possible de voyager et de partir à l’aventure, et surtout que ça en vaut le coup ! Je veux abattre les idées reçues et les stéréotypes, présenter des cultures vues par un jeune qui part découvrir le monde sans idées préconçues, qui veut juste rencontrer des gens et profiter de la vie avec eux. Pour le moment ça parle beaucoup du Japon puisque j’y vis, mais peut-être que plus tard beaucoup rod2d’autres pays s’ajouteront à la liste ! Je veux orienter la chaîne sur un concept de lifestyle, comment réussir à vivre et passer son temps à l’étranger, comment apprendre des langues, comment combattre sa peur de tout claquer pour partir… Montrer que si on a des rêves, il faut les suivre et que rien n’est impossible ! Je veux aussi et surtout faire tout ça en restant moi-même, en parlant de ma propre expérience, un jeune qui a toujours rêvé de grands espaces, de partir, et qui a toujours refusé la vie qu’on a voulu lui imposer. Et c’est aussi comme ça que je veux orienter ma chaîne, des vidéos où tu apprends des trucs, mais aussi où tu as l’impression de suivre un pote. Pas de prise de tête, on est là pour se marrer et partager un maximum. Si en plus je peux apprendre des choses, alors j’ai tout gagné. (« Didn’t make sense not to live for fun, your brain gets smart but your head gets dumb »)

Et pour l’anecdote, c’est un ami qui m’a orienté pour trouver le nom de ma chaîne, il sait que j’aime les Clash…

Suis-tu d’autres Youtubeurs ?

Bien sûr ! Dans la même branche j’aime bien Ichiban Japan. Guillaume est un pote qui était là quand j’ai commencé, je l’ai contacté et on s’est vu sur Paris, c’est un mec en or ! J’aime bien aussi Laurent Caccia, qui est carrément dans le même délire que moi et donc forcément j’accroche, même si je ne le connais pas personnellement !

Chez les anglophones j’aime beaucoup Geography Now. Le présentateur, Paul, est un mec qui prend chaque pays dans l’ordre alphabétique et qui fait une sorte d’exposé dessus. Lui aussi, il voyage pas mal et il a l’air vraiment cool ! Ensuite, je traîne sur YouTube beaucoup pour la musique et me détendre, donc je regarde aussi des vidéos « humour » un peu débiles, mais ça il faut vraiment que j’arrête…

Tu pratiques également Periscope. Comment se passent tes lives ?

C’est mon pote Romu de 365 degrés Japan qui m’a fait découvrir cette appli et j’avoue que j’aime bien ! Je lance un stream soit pour me détendre et parler avec ma communauté – après le boulot notamment j’aime bien – soit quand je trouve qu’il y a quelque chose d’insolite à montrer aux gens qui sont en France. (et pas seulement !) Des temples, des paysages, un truc culturel, une fête… Tout ce qui peut intéresser les gens qui aiment le Japon. Après ça permet de rigoler avec des gens qui deviennent des periscope-logo traparentepotes ! (ce qui est d’autant plus sympa) Donc je fais 50-50, je filme ma tronche et on dialogue avec les gens et je montre aussi les alentours, je commente ce qu’il se passe, j’échange avec les viewers sur ce qu’il y a sous mes yeux, c’est plutôt cool ! Il y a des gens qui parlent anglais, espagnol, russe, c’est tout bénéf pour moi aussi qui aime les langues du coup !

Bon des fois on lance un stream à deux avec Romu, un peu éméchés en rentrant de soirée, mais ça, c’est autre chose… Une autre approche du Japon et de Périscope… Mais toujours dans la joie et la bonne humeur !

Quel est, selon toi, le plus gros défaut des japonais pour un occidental ?

Dure question… Certains aspects de la société japonaise me rendent fou. Maintenant que je travaille dans un restaurant, je me rends compte, par exemple, que leur notion de service est à double tranchant. C’est vraiment acquis chez eux. On doit TOUT au client. Alors quand t’es client, ça a du bon, mais quand t’es de l’autre côté… C’est atroce. Quand tu travailles, beaucoup de gens te disent pas bonjour, pas merci, rien. C’est super agaçant… J’aime pas du tout ce côté « peu humain » qu’ont les Japonais. Après, je parle de mon expérience à Tokyo et de ce que j’ai vu à l’aéroport de Paris avec ANA, j’aurai peut-être changé d’avis après avoir fait le tour d’autres villes du Japon !

Peux-tu partager avec nous ton Japon en quelques adresses ?

Je suis encore en train de construire « mon » Japon mais si je devais donner deux-trois adresses, je penserais à :

Arktz, un skate shop / BMX shop à Shibuya, où j’ai acheté mon vélo ;

Le Champion, un bar du Golden Gai à Shinjuku où j’ai passé d’innombrables soirées avec mes potes ;

Le HUB, mon bar préféré pour sortir au Japon, peu importe dans quel quartier…! Mais surtout à Osaka ;

Même si c’est pas vraiment une adresse, le parc de Ueno, c’est là où je m’entraîne en BMX – et accessoirement où je me fais jeter !!

La dernière question pour nous donner faim. Quelle est, pour toi, la meilleure spécialité culinaire japonaise ?

Les petits choux au chocolat du Seven Eleven !! Sans déconner, j’en avalerais des tonnes… Sinon plus sérieusement, je suis un amoureux des ramens. Des nouilles épaisses, pas mal de viande, un oeuf, des algues, un peu d’oignon… Le bonheur !

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