Ce que j’ai appris de mes recherches préparatoires, c’est qu’il n’est pas aisé d’utiliser une carte bancaire au pays du soleil levant. L’image du Japon, terre de technologie en prend pour son grade. Et je ne parle même pas des chèques de voyage qui ne sont que très rarement acceptés. Avant le départ, il est donc impératif de faire le plein de monnaies sonnantes et trébuchantes. Bon, en vrai, ce seront plutôt des billets silencieux mais la licence poétique est plus parlante. Oui, au Japon, où y a du yen, y a du plaisir !

Bank_of_Yokohama_Station_ATMPour revenir sur la carte bancaire, séparons bien le moyen de paiement et le retrait. Vous pourrez utiliser votre CB dans les grands magasins, les grands hôtels et les principales billetteries JR. Pour l’ensemble des autres commerces, il faudra oublier. Concernant le retrait, bien que les distributeurs automatiques soient légion, la compatibilité avec les cartes étrangères n’est pas toujours de mise.

Selon le site Kanpaï, « à l’heure actuelle, seuls 48.000 des 190.000 distributeurs du Japon acceptent les cartes étrangères. » Heureusement,  sur ce point précis, les choses évoluent grâce à l’imminence des jeux olympiques de Tokyo. D’ici 2020, ce chiffre devrait ainsi monter à 80.000.

Pour en savoir plus sur l’utilisation des cartes bancaires au Japon, je vous conseille la lecture de cet excellent article.

In fine, la première question à se poser est « où trouver des yens ? » Ou plus précisément « où trouver des yens bon marché ? » Banques, bureau de change, aéroport, internet… Les possibilités sont multiples mais les coûts divergent, et « divergent » c’est énorme comme disait Desproges.

Dans un premier temps, je me suis renseigné auprès des banques que je connaissais, professionnellement ou personnellement. Entre celle qui n’a jamais vu de yen de sa vie et celle qui pourrait se payer un aller-retour France-Japon avec les commissions qu’elle pratique, j’ai laissé tomber cette piste.

Il est bien sûr possible de changer ses devises à l’aéroport, avant de prendre l’avion ou après l’atterrissage mais comme j’ai le sentiment que les cours fluctuent de façon conséquente d’un jour sur l’autre, il suffit de tomber sur le mauvais jour pour changer à un cours peu valorisé. Le mieux est quand même de s’y prendre à l’avance et de vérifier tous les jours le cour du yen pour agir au bon moment.

A ce sujet le site Un Gaijin au Japon précise : « Ne changez pas votre argent à l’aéroport d’arrivée. D’ailleurs ne changez votre argent dans un aéroport, vous y perdrez au change car les taux pratiqués y sont très souvent désavantageux. Allez changer votre argent contre des Yens dans une banque, vous y faire des économies non négligeable. »

Vous trouverez d’autres conseils à la lecture de cet autre excellent article.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à la chose, fin 2015, 1 euro coûtait environ plus ou moins 140 yens. Aujourd’hui, pour la même somme, il faut compter entre 110 et 120 yens. Je n’ai pas osé sauter le pas à l’époque et je le regrette encore. Pour connaître le taux de change actuel, je vous propose sois un petit tour sur le site xe.com, soit de juste jeter un oeil au bas de la colonne à droite de cet article (ou en dessous sur smartphone).

yen

(c) Japanexperterna

Exit banques et aéroport, il me reste les bureaux de change et internet. La solution que j’ai finalement adoptée est un mix des deux.

Dans un premier temps, j’ai jeté un oeil sur le net. Assurément, on y trouve les taux de change les plus intéressants. Le problème c’est que la substantielle économie part dans les frais de port exorbitants. Je suppose que l’envoi de liquidités demande des méthodes d’emballage et de transport spécifiques et donc onéreuses.

Ensuite, j’ai opté pour un tour des bureaux de change de ma ville. Chacun ses cours, chacun ses commissions fixes ou en pourcentage selon la somme engagée. De sacrées différences quand même. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est qu’un des sites internet visités proposait le retrait en agence et que l’une d’entre elle se situe à un quart d’heure à pied de chez moi. Je termine donc mon tour par Travelex, puisque c’est d’eux qu’il s’agit. J’avais noté avant ma petite marche que sur le site, l’euro était à 121 yen. Ça faisait un moment que je n’avais pas vu de change aussi intéressant.

J’ai décidé dans mon infinie sagesse de diviser mon change en deux, 50% maintenant et 50% un peu plus tard. Au moins, je peux espérer plus économique et même si ce n’était pas le cas, j’aurai un change global intéressant.

Les deux autres bureaux me proposaient l’euro à 112 et 115 yens, sans compter les frais fixes. Tel un Napoléon des bureaux de change, je passais le pas de la porte la main dans le blouson, sur la carte bancaire. J’attends un peu. La personne devant moi a du mal à se faire comprendre. Je patiente m’imaginant allongé sur mon lit et jetant la liasse de billets nippons en l’air pour les voir me recouvrir dans un ralenti que ne renierait pas Quentin Tarantino.

C’est enfin à moi. Je m’approche de la vitre triple blindage. Un bonjour nasillard m’accueille du plafond. Comme un con, je regarde en l’air. Le haut-parleur est relié au micro par un fil qui lui-même est relié au guichetier par un filet de salive. Parce que je suis quelqu’un de poli dans le fond, je dis bonjour à tout le dispositif entre deux hauts-le-cœur. J’explique que pour les besoins de mon voyage au japon, j’achèterais bien quelques yens. Je me mords la langue pour éviter le jeu de mot dont je vous ai gratifiés en début d’article. Dans un monde parallèle, je lance ma blague et le guichetier se marre comme Fogiel dans les guignols. Il semble que chez eux, la monnaie japonaise et l’animal charognard s’écrivent de la même façon.

En tournant la tête vers son écran, le fil de bave se détache. Il a des yens en stock. Deux bonnes nouvelles ! Par acquis de conscience, je lui demande le taux. Sa réponse me fige. Je lui fait répéter. Il me confirme. Je n’ai pas la présence d’esprit de lui dire que leur site internet n’annonce pas la même chose. Je bredouille simplement un « Je vais réfléchir » et je prends le chemin du retour. 112 yens ! Une différence de 9 yens par euro par rapport au site. Si ça se trouve il est dyslexique. Il a inversé le chiffre des dizaines avec celui des unités. Ou alors c’est moi qui ai mal lu…

Une fois assis à mon bureau, je me rends sur www.travelex.fr. J’avais bien lu. Mais ce que je n’avais pas remarqué lors de ma première visite, c’est qu’il était précisé que l’achat sur le net et celui directement en agence sont régis par des taux différents. Ni une, ni deux, je remplis le formulaire en ligne des nombreuses informations demandées pour valider ma commande. Comme je suis quelqu’un de prudent, j’opte pour un paiement par e-card bancaire. Je pourrai passer à l’agence dans 48 heures pour récupérer mes beaux billets nippons.

Et là, c’est le drame !

La suite dans la deuxième partie de l’article. Suspens, suspens !

En attendant, n’hésitez pas à partager avec nous vos anecdotes de change ou vos informations pratiques, les commentaires sont là pour ça.

Source photos : Wikipedia