Interview – Caroline Vié

Caroline Vié

Caroline Vié, journaliste de cinéma au quotidien 20 Minutes. Auteur des romans Brioche et Dépendance Day paru chez JC Lattès.

Quelle était ta vision du Japon avant d’y poser le pied ?

Je pensais que ce serait beau. Je ne pensais pas tomber amoureuse à ce point. C’est le souci du Japon : quand on le découvre, on ne peut plus s’en passer. C’est un pays addictif. Et là, je suis en manque.

Est-ce le cinéma qui t’a donné envie de découvrir le pays du soleil levant ?

Oui. Mon voisin Totoro m’a donné une folle envie de découvrir la campagne japonaise. Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau et d’aussi paisible. Je n’ai pas été déçue.

CarolineVie2Rappelons que tu es journaliste cinéma. Comment résumerais-tu le cinéma japonais ?

Miyazaki et Kitano !

Quel a été ton premier choc en arrivant sur le sol nippon ?

La chambre à Osaka sentait fort la cigarette ! J’étais complètement dépaysée. Heureusement, une amie japonaise m’a guidée et m’a fait très vite aimer ce que je découvrais. Elle a apprivoisé le pays pour moi.

Quel est ton top 3 des spécialités culinaires japonaises ?

Le nigiri au cheval cru. Contrairement à ce qu’on imagine parfois « sushi » veut dire « riz vinaigré », on n’y trouve donc pas obligatoirement du poisson cru. On peut mettre ce qu’on veut dessus ! Celui au cheval est rare mais succulent.

Le toro (ventre de thon). C’est cher car c’est un tout-petit morceau d’un énorme poisson mais c’est l’une des meilleures choses au monde avec le jambon Pata Negra (qui n’est pas japonais).

Le sukiyaki, fondue à base de légumes, de jaune d’œuf et d’entrecôte très grasse. Divin.

Partagerais-tu avec nous tes bonnes adresses ?

Courez sur Omotesandō, à Shibuya un quartier génial de Tokyo  ! Pour les jouets, vous trouverez tout à Kiddyland  sur cette belle avenue où il a aussi le Oriental bazar (idéal pour rapporter de petits souvenirs typiques à vos proches). À côté, ma cantine Heiroku sushi, shushi-bar pas cher et incroyablement frais où, si vous avez de la chance, vous tomberez sur le jour où  le chef découpe le thon vous offrant la possibilité de goûter du toro pour un prix raisonnable…

Le musée Ghibli vaut aussi le détour. Pensez à réserver depuis la France (certaines agences vendent les billets) car il est impossible de prendre les billets à l’entrée.

Si vous quittez Tokyo, allez voir Beppu, ville thermale qui offre les plus beaux bains « onsen » qu’on puisse rêver. On sent le souffre pendant des jours après tdss’être baigné mais c’est épatant.

L’île sacrée de Miyagima vaut aussi le détour. C’est là où se trouve le « tori » (portail) le plus connu du Japon. Ne pas hésiter à y passer une nuit. C’est un peu coûteux mais cela en vaut largement la peine. Une fois, la majorité des touristes partis, on a l’impression d’être plongé un film d’Ozu.

Pour les parcs d’attractions, Disney Sea, à Tokyo, est le plus beau que j’ai jamais vu avec ses décors magiques et Fuji-Q Highland (au pied du mont Fuji) offre la maison hantée la plus terrifiante du monde : un ancien hôtel transformé en hôpital de la terreur. Génial !

Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui préparent un voyage au Japon ?

Commencez en prenant une bonne agence à qui vous expliquez ce que vous désirez voir. Cela ne veut pas dire partir en groupe : on peut demander des circuits personnalisés non accompagnés… Pour une première fois, cela permet de ne pas perdre de temps surtout si on ne reste pas longtemps. Ensuite, renseignez-vous sur les us et coutumes de l’endroit ce qui vous évitera de passer pour un gros plouc à table, à l’hôtel ou dans les onsen (bain chauds).

Quelle est l’expérience la plus dingue que tu aies vécue au Japon ?

Attendre une semaine à Tokyo que le compositeur Joe Hisaishi daigne m’accorder une interview puis découvrir que son assistante n’avait pas osé lui parler de ma venue parce qu’il était de mauvaise humeur ! Dès qu’il a eu retrouvé le sourire, il m’a accueillie avec une grande générosité et m’a joué ses plus beaux thèmes de film au piano. Je lui dois huit jours de promenade en ville et un moment inoubliable en sa compagnie !

Allez rendre visite à Hayao Miyazaki à plusieurs reprises au studio Ghibli et le voir sourire comme un gamin quand je lui offre des chocolats français est aussi un beau souvenir.

Le japon est un pays fascinant. Pourrait-il être le théâtre de l’un de tes prochains romans ?

Je ne connais pas encore assez le Japon pour en faire le décor de tout un roman. Mais il y aura des héros japonais dans mon prochain livre.

Toi qui est dans le secret des dieux de la pellicule, quels sont les prochains films japonais à ne manquer sous aucun prétexte ?

J’aimerais bien que Takeshi Kitano se remette au boulot. Et qu’Hayao Miyazaki refasse des longs-métrages. Mamoru Hosoda semble son  digne successeur avec Les enfants loups et Le garçon et la bête.

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